11/12/2006
Le Fleuray, Hôtel Restaurant à Cangey près d'Amboise, Val de Loire

Londres est à 1H30 de Paris. La vallée de la Loire aussi.
Lâchez big ben, picadilly circus et les écureuils de parcs publics aux japonais et retrouvez un couple d'anglais amoureux de l'art de vivre à la française, in love with the "Loire Valley" !
La vallée des rois de France, du grand fleuve sauvage venu d'ardèche, des grands vins et grands fromages, de Balzac et Pantagruel. La culture de la vie, la culture pour la vie, dans une nature immense, douce et abondante ici et là provoquée par le plaisir de l'esprit, comme ce dandy château de Chenonceau en ricochets au-dessus du Cher.
La famille Newington est à la hauteur de cet enjeu. Elle représente tout ce que j'aime dans la culture anglaise dont la distinction, la retenue et l'amour des choses bien faites.
Elle a en plus un réel intérêt pour la France et les Français et leur apporte beaucoup. Car tout est bien pensé pour que l'on n'y pense pas, et l'on se régale d'un accueil sincère et chaleureux, d'une chambre au nom chlorophylle, d'une déco kitch chic et très british, d'un restaurant so "frenchy taste", d'un salon si "cosy" où l'on vous propose de prendre le café après un bon diner, où l'on vous confie les cafetières justes passées au milieu d'une bibliothèque vivante, d'une musique d'ambiance parfaitement discrète et d'un feu de cheminé dansant. Les canapés profonds et grands fauteuils de rotin accueillent des coussins généreux ; on y passerait sa nuit à lire ou à rêver.
La moquette rouge aux motifs jaunes est moelleuse, les tapisseries rayées de blanc et de jaune gentillement rigoureuses : tout en douceur, en ordre et dans la sérénité.

Mais cette sérénité s'est sans doute déjà gagnée à table. Amuses bouches de saveurs - dont une datte au roquefort ! -, vouvray, chinon, crevettes et champignons poêlés avec beurre d'ail et herbes du jardin de la France, pavé d'autruche de l'élevage d'Autrèche sauce au poivre vert et cognac, crème parfumée à l'orange et au pineau des charentes, quartiers d'oranges arrosés au cointreau. Cela n'est que mon menu et la carte est magique, remplie de merveilles et d'originalité. Que dire en effet de cette poire farcie au fromage de chèvre chaud parfumée d'une sauce au miel et moutarde à l'ancienne, ou encore de cette biche sautée au jus de porto et vin rouge avec un trait de chocolat ?

Le cuisinier est un moderne non extravagant, un artificier du goût - sucrés / salés exceptionnels - sur des bases gastronomiques solides.
Le service est assuré par la fille et le fils des maitres du lieu, et assurement ils ont été à bonne école, le don en plus. Classe, proximité, simplicité, conseils efficaces et sans faux-semblants, ces gens ne se forcent pas, ils sont le service personnifiés !
Alors je dis un grand MERCI à la famille Newington pour le week-end inoubliable qu'ils ont illuminé, pour ce pari fou qu'ils ont fait il y a une quinzaine d'année en reprenant au milieu de nulle part une vieille ferme délabrée et livrée aux ronces. Cet endroit est un paradis, mais le paradis n'existe pas sans son âme vivante. Ici, une famille qui vous rend les lieux familiers sans jamais y être venu auparavant, une famille discrète et tellement proche de vous, une famille de gens bien, une famille qui est un peu celle de ses visiteurs amoureux.
08:40 Publié dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : restaurant, cangey, hotel, le fleuray, amboise, loire, château
29/12/2004
Restaurant l’Alsace : 39 avenue des Champs Elysées, Paris 8ème - Une valeur sûre
Etant à moitié Alsacien, je suis d’autant plus attentif au respect des fondamentaux gastronomiques de cette région bénie de l’art de la table. Je me suis rendu à l’Alsace en famille sans réserver en précisant que je souhaitais une table éloignée de l’entrée et d’éventuels courants d’air. On m’a réservé une belle table au sous-sol et j’ai commandé un Gewurztraminer cru « Les Sorcières » de la bonne maison « Dopff & Irion », millésime 2002. Le terroir du château de Riquewihr - où selon la légende on brûlait des sorcières au moyen-âge - est intéressant et développe un vin fin et épicé. Avec quelques bretzels en apéritif, c’est amusant. En mangeant un plat relevé puis avec le fromage, c'est très bien. Ce gewurz est assez doux (trop ? comme la pluspart des vins d'Alsace ?) mais il a tout de même su garder beaucoup de caractère avec des tons fumés et épicés : une gourmandise avec du relief !
Mes invités arrivants, nous avons commandé des fuits de mer, des choucroutes et du poisson. Le serveur, géant par la taille (plus de 2 mètre) l’était aussi par la gentillesse et la tenue. Issu d’une famille très nombreuse (plus de 10 enfants nous a-t-il dit), ce gentleman nous a ravis par son attention et sa discrétion. Le repas fut très bon et le vin également du début à la fin du repas. Un de mes parents fêtant son anniversaire, nous nous sommes vus proposés gracieusement une tournée de champagne. Quelle joie de constater que même en 2004, même dans un des restaurants les plus connus et abordable de la capitale, on vous traite encore comme un client digne de sensibilité et de goût !
Nous avons passé une très bonne soirée.
Bravo l’Alsace, à recommander !
La prochaine fois je testerai les huitres géantes que j'ai vu servir non loin de moi. Les miennes étaient classiques mais vraiment très bonnes.
09:30 Publié dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Gastronomie, alsace, restaurant



















