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31/03/2008

Domaine du Traginer, Collioure, cuvée al Ribéral

c2a1f0c0c47c77b0638f15aa4d7c40b2.jpgCollioure réchauffe nos souvenirs, les accroche à un vieux sarment noueux, face à la mer au bleu intense, sous le soleil qui grille les petites parcelles de pentes raides qu'il faut arpenter à pied avec patience pour en recueillir les grains sacrés. La méditerranée est belle, le produit de la vigne est maigre, mais sublime.

La terre offre un substrat minéral schisteux typique des coteaux de Banyuls que la vinification naturelle et traditionnelle valorise. Les beaux cépages du Sud - Grenache noir, Carignan, Mourvèdre et Syrah -concentrent leurs arômes de prunes tanées. Le domaine du Traginer, ni filtré, ni collé, répond naturellement aux exigences de l'agriculture biologique. 

 

Tout effort productiviste sonne creux pour les artisants de Traginer qui font percoler leur nectar à 17 hectolitres l'hectare ! Oui vous lisez bien, le procédé est bien biologique et le rendement inférieur à 20 hectos.

 

14 mois de fût plutard, vous apprécierez avec un profond respect, ce vin exceptionnel. Une belle bouteille de verre fumé sombre élancée aux larges épaules abrite un jus aux reflets bruns intenses. Disque fin, larmes aiguisées et rapides, ce vin a tout pour lui et le nez annonce un vin sec, sérieux, de classe et de tenue sur le pruneau compôté et le cuir.

 

Le brisage donne l'intuition du potentiel, la mise en bouche l'amplifie avec bonheur. Mais aucune facilité perceptible : la cuvée al ribéral se tient et ne laisse rien au hazard. Le contact au palais est frais, harmonieux, flatteur et ordonné. Le caractère vous marque, son exception est palpable.

Je vous suggère une rétro-aspiration pour faire passer le vin du centre de la langue sur les bords puis l'ensemble du palais. Vous pourrez ainsi décomposer les différentes qualités arômatiques, alcooliques et de bonne acidité de cette cuvée. Les tanins fnis, fermes apparaissent avec merveille. Les pruneaux secs tanés sont forts et bien fondus.

 

Le besoin de manger s'évanoui définitivement car tout est dans le verre de la structure au goût de bonheur qui s'apprécie par tous les sens et ce manque de raison qui explique l'inexpliquable.

 

Ma note : 9/10 pour un prix de 25 Euros tout de même, mais le travail est là !

26/06/2006

Chapoutier Bila-haut Côtes du Roussillon Occultum Lapidem

Les vins de Michel Chapoutier ont un caractère très reconnaissable, en velours, sombres et soyeux pour lesmedium_chapoutier-bila-haut-cotes-du-roussillon-occultum-lapidem.gif rouges, épicés, habillés, distingués, riches et charpentés. Le marketing de la maison est sobre et sans faux-semblants : les bouteilles sont généreuses, amples, traditionnelles, d'un vert très sombre, protecteur de son précieu contenu ; les capsules d'étain sont épaisses, elles portent les armoiries des domaines et la devise du travail bien fait "Fac et Spera", en français "Faire et Espérer".

 

Partout où s'installe la maison Chapoutier, le savoir-faire vient rehausser un terroir sélectionné avec rigueur. Les Côtes-du-Rhône sont son héritage et son fief, une région du vin qu'elle a fait grandir et découvrir avec d'autres grands des côteaux de Tain tels Paul Jaboulet Ainé. La région qui a mon sens dispose du plus fort potentiel en France tant elle allie diversité de grands terroirs de vin, ensoleillement privilégié et cépages remarquables.

 

De Côte-Rôtie à Tavel, Chapoutier est présent avec talent sur tous les crus majeurs. Au-delà, Michel Chapoutier est allé investir les autres régions à très fort potentiel et non surfaites en goûts "standards", prix et réputation. Que faire de plus en Bordeaux, Bourgogne, Alsace ? La Loire est en manque de soleil. 

L'enchantement n'attendait que sa patte, son style dans les régions du Sud de la France baignées de soleil et couvertes de côteaux magiques : Roussillon, Sud-Ouest, Ardèche, 3 régions de vin qui font rêver mes papilles.

 

medium_chapoutier-domaine-des-granges-de-mirabel.gifJe connais bien l'Ardèche pour y habiter et y déguster depuis des années. Le Cornas est un classique de la vallée du Rhône plus qu'un Ardéchois au sens septentrional du terme. J'adore le Cornas, mais étant un ardéchois du Sud, je vénère surtout le viognier, cépage blanc, aux productions de vin plutôt secs. Le seul choix possible pour Chapoutier fût celui-ci, qui donna naissance à partir de 1995 au Domaine des Granges de Mirabel, un viognier sec au senteurs d'abricots mûrs confirmées et complétées en bouche par une gamme florale et un support minéral et très frais caractéristiques d'un viognier bien élevé.

 

 Mais la pertinence ne s'arrête pas là. Le viognier a trouvé une seconde vie en Ardèche où il a été importé. Un génie marketing a eu l'idée d'en faire des vendanges tardives pour suivre le développement du goût féminin d'une part et la dégustation des vins en apéritif de l'autre. Je parle depuis des années à mes meilleurs amis des fameuses "Vendanges d'Octobre".

Chapoutier a biensûr compris cela et lancé sur le même mode que le vin de paille de l'hermitage, le Vionie de paille de l'Ardèche. Les raisins sont récoltés très tardivement et suive un passerillage sur lit de paille.

Les vins de Pays des Coteaux de l'Ardèches ont été un très bon support au talent de Chapoutier qui le leur rend bien.

 

De même sur les Côtes du Roussillon Villages Latour de France, j'ai saisi l'opportunité de déguster le "Bil-Haut" Occultum Lapidem (première photo de cette note). La Chapoutier's touch est bien là et dompte avec réussite la puissance du terroir des côteaux de la haute vallée de l'Agly, le tout à 14,5°. Ce rouge très dense exhale un nez de fruits rouges très mûrs, d'épices et de torrefaction.

 

Il me reste à déguster le vin de pays des côteaux de Montélimar, les vignes de Julianne, mais aussi le Collioure.

 

Pas de surprise sur les Muscat Beaumes de Venise, Banyuls, Maury et autres Rivesaltes.

Quant aux Mount Benson - Australia, je vous ai déjà parlé du Syrah, et du Cabernet Sauvignon qui sont deux confiseries coeur de fruit !

 

Et comme il faut bien se résoudre à terminer cette note d'estime, je reviendrais aux propos du maître de chais : « Laisser la parole au sol, exprimer le terroir et son millésime ».

Le style est fort, cossu, appliqué à rendre les qualités du terroir, non son âpreté.

18/07/2005

Maury 2001 de Mas Amiel

medium_mas-amiel-maury.jpgLa maison Mas Amiel est une cathédrale du vin français et son Maury est selon moi une expression parfaite des vins doux naturels du Roussillon. La vigne ne pissera jamais ici, élevée dans l’exigence de la qualité, sur des sols arides et très bien ensoleillés. Le rendement est bien en dessous des 40hl/ha, la maturité du grain élevée (minimum de 250g de sucre par litre de moût), et le mutage – opération qui consiste à stopper les levures fermentaires par adjonction d’alcool pour garder une part des sucres du jus de raisin – lui apporte son caractère liquoreux si particulier (50 à 100g de sucre résiduel par litre).

Le Maury de Mas Amiel est bâtit sur le grenache noir qui lui confère un fruité hors norme par sa puissance et sa complexité : framboise, cassis, cerise très mûre, tons de réglisse en arrière plan, le tout dans une texture soyeuse et veloutée.

 

Je vous le conseille sur un fondant au chocolat avec éventuellement une boulle de glace vanille ou fruit rouge. Une merveille !

 

Ma note : 9,5 / 10 simplement parce que je ne suis pas un grand fan des vins doux.

09:40 Publié dans Les Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Gastronomie